Mathieu a ouvert son bar belge « Le carré » au Mexique

Les Belges au bout du monde, clap 2ème ! Après Maxime et Elodie qui ont ouvert leur guesthouse en Thaïlande, ce 2ème reportage est consacré à Mathieu. Ce valeureux Liégeois a décidé de tout quitter pour recréer « son carré » au Mexique.

Entrevue :

Salut Mathieu, merci d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions. Peux-tu tout d’abord te présenter en quelques mots ?

Salut Rowan !

Je m’appelle Mathieu Salmon, j’ai 30 ans et je viens de Nandrin en province de Liège.

Que faisais-tu avant de partir au Mexique ?

Après mes études à HEC-liège que j’ai terminées en 2010, je suis parti en vacances 2 mois au Mexique. Ensuite j’ai commencé ma carrière comme auditeur chez Ernst & Young. Pendant ce temps, un ami d’HEC est allé faire son Erasmus à Mérida.  Il a tellement adoré qu’il est resté là-bas. Il m’a invité à venir passer quelques jours en vacances chez lui. J’y suis allé 2 semaines et à mon retour, je posais ma démission pour aller m’installer définitivement au Mexique.

D’où t’es venu l’idée d’ouvrir un bar?    

Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de réelles offres de bières belges. Il n’y avait pas encore de bar belge à Mérida. De plus, les bières belges que l’on retrouve ici, c’est plutôt style : Leffe, Stella, Duvel, Delirium, Chimay,… et elles sont super chères. Alors je me suis dit que j’allais importer des bières que personne ne connaît et éviter les intermédiaires. Exporter moi-même et les vendre directement dans mon bar à un tarif plus attractif. Grâce à ça, j’arrive à les proposer entre 30 et 50% moins chères que mes concurrents.

Comment a réagi ton entourage après l’annonce ?

Beaucoup se marraient, ceux qui me connaissaient des études rigolaient évidemment.

Ma famille avait comme image du Mexique les cartels de drogue avec les vieux Mexicains moustachus avec les sombreros en train de boire de la tequila. On est loin de ça. Ici à Mérida, on est plus à l’américaine. J’ai l’impression d’être aux US pour plein de choses. On a toutes les enseignes américaines, c’est pas mal développé. Ils ont eu un peu peur au début mais je suis dans la ville la plus sûre du Mexique donc il n’y a aucun souci.

Quelles ont-été les grandes étapes pour concrétiser ce projet ?

J’ai commencé par faire mon étude de marché au Mexique. J’ai interviewé des gens par internet et dans la rue pour voir s’il y avait un potentiel. J’ai analysé mes concurrents pour voir quels bars vendaient déjà des bières belges, à quel prix ils les vendaient et si ceux-ci fonctionnaient bien. Est-ce que les gens étaient demandeurs et s’ils étaient prêts à payer un certain prix pour une bière spéciale. Suite à ça, je me suis renseigné en Belgique pour trouver une entreprise de transport, des fournisseurs. Ensuite je suis revenu au Mexique créer ma société et j’ai obtenu mon permis de résident. Après il a fallu trouver mon local, faire des travaux, acheter tout le matériel, ça a été compliqué surtout quand ce n’est pas ta langue maternelle. J’ai fait venir toute ma décoration de Belgique. Depuis l’idée à la concrétisation, il s’est passé un an.

2,3 conseils pour bien démarrer un tel projet ?    

Il ne faut pas se lancer à l’aveugle, il faut bien analyser la faisabilité du projet et surtout être au courant de la législation du pays. Par exemple la licence d’alcool, il faut savoir exactement comme l’obtenir et c’est valable pour tout.

Pourquoi avoir choisi ce nom ? 

Ça vient du célèbre Carré à Liège. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est LE lieu incontournable pour sortir à Liège. Je vais résumer le Carré en : 2 rues parallèles et 2 perpendiculaires de bars les uns à côté des autres que tous les Liégeois connaissent. Et dans mon logo si tu remarques bien, il y a le Perron dans l’étiquette de la bière. (Autre monument bien connu dans de la ville de Liège).

Es-tu en contact avec d’autres Belges sur place ?

Oui, il y a une communauté de belge ici et je les connais tous. Il y a un couple qui organise des mariages, un peintre, un retraité, 2 frères qui font du chocolat, bref on est un petit groupe de 20- 30 personnes.

Comment s’est passé le début ? 

Galère galère galère, au début à 100% galère. Il y a des moments où je me suis dit que j’allais tout arrêter et rentrer en Belgique.

Qu’est-ce qui te différencie des autres bars? 

J’ai environ 200 références de bières belges à ma carte dont 150 exclusives. L’ambiance du bar est aussi fort différente, c’est un peu comme le Delirium café à Bruxelles, tu vois le genre. Je sers aussi chaque bière dans le verre correspondant et ça, ça plait. Personne ne le fait. On fait aussi des plats belges. J’ai un ami qui était chef en Belgique qui est venu me rejoindre 10 mois au lancement et qui a élaboré mon menu. Il a vu ce qu’on pouvait proposer ou pas. Par exemple, les croquettes de crevettes. Les crevettes ici n’ont aucun goût, ce n’est pas des crevettes grises qu’on connaît chez nous. Tout le monde dit qu’on a les meilleures frites de Mérida.

Quels sont tes futurs projets ?

On va bientôt ouvrir un 2ème bar dans le centre-ville cette fois. Ça va être le même concept sauf qu’on va avoir une auberge de jeunesse au-dessus. Il y aura une trentaine de lits. 

Qu’est-ce qui te manques le plus que tu ne trouves pas au Mexique ?

Les fromages et la charcuterie ! Dès que je reviens, je m’enfais péter une raclette et une fondue. Blague à part, c’est les relations humaines avec les amis et la famille. Et même des fois ce qu’il me manque un peu, c’est le froid… Ici on a eu des jours avec des sensations thermiques à 55°C, c’est chaud !

Le mot de la fin?

Bienvenue à Mérida, vous pouvez venir boire une bonne bière belge quand vous voulez !

Merci Mathieu et bonne continuation !

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(c) MacFly Away – Juillet 2017

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